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L'aimer quand même

 … L’aimer quand même… 15 mois…

L’été s’est enfin retirée. La deuxième sur laquelle j’ai fermé les yeux…
Je n’ai pas respiré, ni couru dans l’herbe avec mon thé.
En moi, l’été s’est effacée quand je me suis déracinée,
laissant à l’abandon tout ce que je croyais avoir planté.

Depuis… j’attends la pluie.
Pour que la nature me ressemble un peu.
Pour qu’elle me rende les années où j’ai créé…
“Un éternel été.”

Tan… fille de soleil, de fleuve, de vent, d’orages…
elle me manque tellement.

Je ne suis plus l’ombre de moi.
Fille de soleil qui ne veut plus que de la pluie.

J’ai boudé le fleuve, mes espadrilles, le gym, la piscine.
Je n’ai rien trouvé dans le yoga, dans le succès,
ni dans le seigneur.
Rien ne murmure en mon cœur comme avant.
Plus rien.

Je trouve ça injuste.
J’aurais, au moins, voulu garder ma passion.

Comment est-ce possible ?
Comment peut-on se déraciner pour être libre,
mais continuer à sombrer ?
Le fond n’a plus de fin.
Et je ne sais pas comment remonter.

Je devrais pourtant…
J’ai vu les abysses du fleuve,
je me suis relevée cent fois…
Mais plus là.

Je suis suspendue, je ne sais où.
Il n’y a plus de vent, ni de marée pour me ramener.

Je ne peux tout renier,
car mon amour y est ancré.
en elle…
La serre.

Cet endroit où j’ai semé mes rêves,
mon amour pour lui et le deuil de mon père.
Je veux la garder dans mon cœur,
même si, désormais, mon monde est ailleurs.

Encore suspendue dans le “je ne sais plus”,
mais ailleurs.

Je m’endors encore souvent dans mon jardin.

Ailleurs, c’est chez moi maintenant.
Pas vraiment là, jamais tout à fait… mais.

Quand j’étais zen, je disais :
“Quand on cherche, on trouve. Toujours.”
“It’s all about love. Always.”

It’s gonna take an awful lot of love.
Parce que je suis ailleurs.
Loin.

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